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La peur du chômage

La peur du chômage

La vache, en voici un titre angoissant… Mais est-il pour autant malvenu en ces temps de crises multiples ? A une période où la rumeur urbaine est de plus en plus anxiogène, le chômage est une des craintes les plus légitimes. C’est qu’on ne maîtrise plus grand chose ma bonne dame. Un jour tout semble aller dans le bon sens, le lendemain, badaboum, tout s’écroule. Et le chômage, ça fait peur. Oui, de plus en plus une lapalissade en fait.

Mais pourquoi peur du chômage ?

En voilà une question à la con. C’est simplement parce que se retrouver au chômage, c’est non seulement se retrouver sans emploi (par essence), mais c’est aussi parce qu’on se retrouve avec des revenus largement moindres et qu’on ne retrouvera certainement pas de sitôt l’équivalent de ce qu’on gagnait précédemment. Et donc, ça fait peur. A moins d’être dans une branche particulièrement en vogue et créatrice de boulot, la paupérisation est au bout du chemin. Vous avez dit angoissant ? C’est évident. S’il vous faut un exemple, prenez le mien… J’ai perdu mon emploi suite au dépôt de bilan de la société pour laquelle je travaillais. Au-delà de la surprise que ce fut de voir une entité entière s’effondrait (je reviendrai sur ce point), la plongée dans le doute m’attendait. Et pourtant, j’ai eu du bol puisque j’ai retrouvé du boulot avant même d’être officiellement licencié. En revanche, ce que j’ai perdu, c’est un 1/4 de mon salaire. Oui, rien moins que ça. Vous me direz que j’aurais pu attendre pour potentiellement trouver un travail mieux rémunéré, que finalement, les allocs chômage, ça sert à se poser pour faire le point et redémarrer. Oui, mais non. Parce qu’avec ce que les allocs allaient me rapporter, j’allais avoir bien du mal à payer mon loyer, mes charges diverses… Parce que benoîtement, j’ai choisi à un moment où tout allait bien, de vivre avec le revenu que je touchais. Et oui, je n’avais pas prévu le chomdu. Du coup, après la fin de ma boîte, j’ai eu 3 offres, 2 étaient franchement moyennes puisqu’on me proposait moins que les allocs. J’ai donc sauté sur la troisième. Et la raison à cela est simple : la peur du chômage. Vous comprenez donc le titre ? Mais ça n’est pas tout. Cette frayeur a d’autres raisons…

Ah bon mais quelles autres raisons ?

L’avantage d’un blog, c’est qu’on domine totalement questions et réponses. j’aurais pu là, par exemple, enchaîner sur un sous-titre plus positif, mais non, on est dans l’angoisse manifeste et voici encore plus de justifications. Opter pour un boulot moins bien rémunéré d’1/4, c’est aussi par crainte de ne pas voir les offres pulluler. Si j’ai eu la chance d’avoir 3 offres, elles étaient en partie liées à la chute de mon ancienne société. Dans mon secteur, cette société avait une énorme réputation. Les concurrents sont donc venus faire leur marché parmi les collègues et j’ai fait partie d’un lot bienvenu. Je n’ai pas obtenu mon salaire actuel sans batailler, évidemment. Alors vous pensez bien que j’ai immédiatement accepté après que mon boss actuel ait donné son accord pour m’engager. Hors de question de laisser une telle opportunité passer. Car oui, plus tard, je suis certain qu’il n’y aurait pas eu autant de possibilités. Je suis même convaincu que ça n’est pas 1/4 de salaire qui se serait perdu en route mais bien 1/3 voire la moitié. Sur quoi je me base pour sortir ce genre de crétinnerie ? Sur les retours de mes ex-collègues et sur les annonces que j’ai vu depuis. Mon licenciement a eu lieu l’an dernier et en quelques mois, à définition égale, certaines annonces d’emploi proposaient une rémunération moitié moindre. Vous voyez un peu plus pourquoi la peur du chômage ?

Mais qui en parle ?

La paupérisation est en marche. Une nouvelle fois, je ne suis pas expert et ne prétends pas l’être. Je constate juste qu’aucun employé de l’entreprise pour laquelle je travaillais qui a eu la chance de trouver un nouveau poste ne gagne autant qu’avant. Pire, les 9/10 se retrouvent avec un panier moyen potentiel largement amputé. Même les cadres ont été touchés. Pour ceux qui s’en sortent avec un nouveau job, c’est donc la soupe à la grosse grimace. Quelques uns ont même dû déménager. Tous se serrent la ceinture. Et au moment où l’on discute loi du travail à l’assemblée nationale, je n’entends quasiment pas parlé de paupérisation. Qui oserait dire en temps de crise qu’il existe un risque non négligeable de voir ses indemnités chuter après mise au chômage. Et pourtant, on nous parle croissance, épargne, besoin de relancer la machine. Sauf que la machine est bien grippée. Elle ralentit gravement au niveau du sol. Les roues tournent moins bien. Forcément, qui irait dépenser quand il a vécu un tel cauchemar ? Qui aurait envie d’acheter ? D’investir ? Le chômage, c’est un traumatisme. On a beau nous dire qu’il faut positiver sur ce point, ça n’est pas simple. Et quand on parle âge et temps qui passe, la crainte grandit, elle se tatoue même sur nos toutes nos actions.

Avec le temps, va, tout s’en va

Que reste-t-il de l’espoir ? Je reprends mon exemple : j’ai près de 50 ans, une expérience de 25 ans dans mon domaine, un prix donc. Et ce prix devient effrayant même si, au fond, il n’est pas si élevé que cela. Légitimement. Au-delà de la paupérisation, il y a aussi une tendance à la baisse des ambitions au niveau des compétences. Là encore, tout se justifie. Quel employeur prendrait le risque d’investir sur un salaire de cinquantenaire quand quelqu’un de moins qualifié pourrait faire l’affaire même s’il lui faudrait plus de temps pour ça ? C’est logique mesdames messieurs. C’est même humain. En plus, il y a un immense problème avec l’emploi des jeunes. On tourne en boucle. Du coup, que faire face à ce type de réflexe ? Comment un presque vieux se retrouve tout à coup un vrai vieux ? A quel âge sommes-nous encore valables ? Que devient l’expérience ? Vous avez vu à quel point on stigmatise le « sans-emploi » ces derniers temps ? Une nouvelle raison d’avoir peur du chômage en période de crise…

De quoi le chômeur est-il coupable ?

Loin de moi l’idée de citer ces polémistes, ces politiques, ces gens inconscients qui montrent du doigt le sans-emploi en l’accusant d’être celui qui crée le chômage parce qu’il ne se bouge pas le cul pour trouver un boulot. C’est assez simple au fond, suffisamment démagogique pour attirer ceux qui ont la chance d’avoir un job dans ses filets. Repli sur soi, le réflexe primaire quand il y a le feu. Le coup du hérisson, tout piques dehors. Justifier une telle stigmatisation à partir d’exemples pris sur une infime infime partie des chômeurs qui, en effet, ne cherchent pas à chercher des solutions mais plutôt à se laisser porter, est abominable, voire même minable. Parce qu’il faut dire que le chômage, quand on y est depuis 6 mois, on désespère. Parce que les gros titres qui se succèdent chaque jour ne laissent pas tellement la place à l’optimisme. Et que devient-on quand on perd la foi ? Un sans-emploi perdu, déprimé. La déprime qui coupe toute bonne volonté, toute force. C’est connu, c’est légitime, mais ça n’est pas pris en compte par cette classe politique qui joue le simplisme pour envisager des lois encore plus drastiques. Limiter les indemnités à 18 mois ; baisser le taux des indemnités au bout d’un an ; priver les chômeurs qui ne chercheraient pas de formation de cette indemnité… Autant de buts fallacieux pour oublier que ça n’est pas le chômeur qui crée le chômage mais bien le marché, qu’il soit financier ou dépendant même de manière éloignée de cette finance. Le chômage, c’est la suite logique d’une avalanche. Ça commence par une boule de neige qui peut être liée à des investissements en moins, par la délocalisation, par un changement de stratégie… Derrière, autant de fournisseurs, plus ou moins grands, qui chutent, chacun leur tour. Boule de neige devient grande et donc avalanche. Une fois encore, loin de moi l’idée de me prendre pour un économiste. Je ne pars que de cette expérience vécue. De la chute de ma société a suivi la chute de quelques autres. Alors là, vous la sentez la peur du chômage ? Moins d’argent, moins de chance de trouver un nouveau poste si ce n’est similaire au moins un boulot, quel qu’il soit. Un chômeur, la machine sociale le regarde de travers. Et là encore, c’est humain, on se protège comme on peut. On est tous le privilégié de quelqu’un. Certains chômeurs le sont par rapport à d’autres. Ça n’est surtout pas le moment de jouer au simplisme, au contraire. Est-ce de l’idéalisme ? De l’angélisme ? Au fond, je m’en fous un peu, j’ai peur du chômage. Cette trouille existe réellement, elle est logique, elle ne devrait pourtant pas.

Marketing, évolutions et tralala…

Marketing, évolutions et tralala…

Alors voilà… Ci-surgit un autre site qui commente et partage des questions sur le web, le marketing, les évolutions sociales, les politiques, la télévision, la radio, les journaux…

Marketing et quoi encore ?

Il est assez peu probable aujourd’hui de croiser un événement, un argument, une intervention média, un site internet… qui ne soit lié aux relations publiques. Nulle envie de sombrer dans le cynisme, le fatalisme voire le nihilisme. Non, la naïveté, l’incrédulité, l’innocence sont justement les composantes de base principales qui vont mener ce site. Revenir à la matière primaire, le prosaïsme, simple, tout orienté vers des interrogations sur les mille et uns ingrédients qui font de notre monde un univers truffé d’astuces pour nous pousser à consommer selon d’excellentes raisons, à évoluer selon des préceptes précis, à voter selon un schéma établi… Trouver un sens aux différents éléments de langage, aux différents éléments de réponse mais aussi à ces réflexes qui mènent au replis sur soi, à l’abstention, à la défiance, à la méfiance. A quel moment entrons-nous en résistance ? Quand sommes-nous conscient d’être manipulé ? Qui nous influence ? Comment nous influence-t-il ? Y-a-t-il fumée sans feu ? Quel avenir pour la candeur ?

C’est ainsi, dans une période où la presse ne sait ce qu’elle sera demain, où les journaux finissent pas cesser de paraître en version papier comme The Independent en Angleterre, où les « likes » d’un réseau social deviennent une preuve d’existence, où la posture médiatique l’emporte sur la réflexion philosophique, où l’intellectuel court après l’audience, où le polémiste devient une référence. C’est ainsi, mais n’est-il pas temps de réagir, de cesser de baisser les bras, de faire le dos rond jusqu’à se laisser dépasser par ces fameuses relations publiques ? Peut-on lutter contre l’évidence ? A quel instant cette évidence devient une pensée imposée ? Comment combattre la caricature ? L’extrême simplification des pensées ?

Oui, mais aujourd’hui ?

Rien n’est simple aujourd’hui. Pour autant, la priorité est de trouver la bonne question pour approcher la bonne réponse. Mon métier est le marketing, je manipule en permanence. Mes outils sont statistiques, mes armes sont les mots. Je ne suis pas dupe. Mais je refuse le cynisme cité plus haut. Je me leurre, je m’éveille, j’ose penser qu’il n’est jamais trop tard, j’espère, je vis, je surveille, je me surveille. Je m’oppose à moi-même et j’avoue que c’est ce qu’il y a de plus dur. Parce qu’au fond, user des relations publiques pour orienter, créer les besoins, définir la tendance, c’est passionnant. Un paradoxe permanent qui donne un raison à ce site. Positiver ?

Positiver, oui, c’est indispensable. Cependant, au-delà du marketing dominant, est arrivé une nouvelle donne : la finance. Elle est notre compagne forcée depuis bien trop longtemps pour se souvenir du moment où elle s’est imposée à nous. Mais ce qui est nouveau, c’est qu’elle est devenue une « valeur », un but. Le web aidant, l’économie de marché a peut à peu laissé sa place à son fondamental financier. Elle est aussi devenue un impondérable, un élément contre lequel se battre est un acte militant souvent perçu comme de l’angélisme. Elle a débordé sur son flanc droit un marketing trop installé et trop bonhomme. Au bout du compte, les deux ont fini par s’allier et s’épanouir jusqu’à devenir la norme. Les flux et reflux de la bourse influent sur nos journées malgré nous. La rumeur d’aujourd’hui est donc intrinsèquement liée à la bonne santé des places où s’échangent les actions. Les bulles se succèdent et parsèment la vie de doutes, d’anxiétés. Le marketing ne suffit donc plus pour générer des tendances profondes. La finance est citée comme la mesure étalon de nos vies professionnelles. On se retrouve au chômage économique suffisamment vite de nos jours pour comprendre que le fossé entre ceux qui possèdent, ceux qui dirigent et les autres est immense, probablement impossible à réduire. Les niveaux entre la décision et l’action sont de plus en plus nombreux. Ainsi, quand j’ai pour mission de valoriser tel produit et d’augmenter son taux de conversion, je ne sais plus très bien si l’ordre qui m’est donné vient de mon patron ou d’une concurrence agressive.

Alors quoi ?

Tout va vite, très vite. Chaque nouveauté technique se voit immédiatement poussée à la joute face à un équivalent encore plus évolué. Il en est de même pour l’être humain. Là où il y a encore une vie d’homme, l’employé était considéré comme un besoin, il est désormais devenu une marchandise. Et là encore, se prononcer contre ce phénomène tend à faire passer l’auteur de la diatribe pour un illuminé, souvent populiste, parfois adepte de la niaiserie. Et l’on se retrouve avec de nouvelles questions ? Qui décide ? Quelle est la hiérarchie ? Ce déclassement ponctuel dans les années 80 est devenu permanent en 2000. Les luttes de classes sont imperceptibles parce que de nouvelles castes se sont imposées. Comme nos équipements sont munis de puces programmées menant à l’obsolescence, l’être humain est lui-même une denrée qu’on consomme à la guise des marchés dominant le marketing. Rien n’est donc aussi simple. Là où on pouvait apercevoir le sommet des montagnes auparavant, on tombe aujourd’hui dans une ignorance apeurée, comblée de simplismes comme pour mieux se rassurer. Ce simplisme qui donne l’impression d’exister. Je pense limité, donc je suis. Qu’espérer ? Tout. Se cultiver, recréer du liant, du lien, de la vie, de la curiosité. User des réseaux sociaux pour mieux les contrer. Ne voit-on pas chez Twitter un pôle de résistance énorme qui dépasse ce qui était prévu. Tout s’organise au final. Quand même le marketing est dominé, cherchons à communiquer autrement, à se rassurer, à imaginer un langage différent, sans sombrer dans l’abandon ou l’aigreur. Une forme de liberté nouvelle. Une indépendance adaptée à ce monde qui n’a plus réellement de plafond, mais qui a la chance d’avoir un sol sur lequel nous tous serons amenés à danser, longtemps. Ne faut-il pas intellectualiser notre vie pour créer une autre forme d’innocence ? Créer des communautés parallèles ? Fermer les yeux, par essence, c’est sombrer dans l’obscurité et donc l’obscurantisme. Nous sommes certainement à la croisée de chemins. Et comme l’histoire nous l’enseigne, ça n’est pas le moment de baisser les bras, ce serait céder aux extrêmes. Au contraire, n’est-il pas temps de relever la tête pour trouver des pistes à défaut de solutions ? N’est-il pas nécessaire de reconstruire petit à petit en patientant ? N’est-il pas essentiel d’être conscient que demeurer un grain de poussière signifie aussi avoir une place ? A défaut d’être optimiste, pourquoi être pessimiste ? Et si nous ajoutions des nuances à notre vocabulaire ? Si nous parvenions à introduire les néologismes pour ouvrir un peu les portes ? Si nous acceptions l’angélisme comme une qualité et non un défaut ? Si nous devenions des naïfs cultivés et non de simples pions abattus ? Ne pas croire au père noël, ne pas croire au rêve, juste reprendre la main sur ce qui nous appartient ? Ce contenter de ce qu’on a et le développer ?